Marathon – le okényan Eliud Kipchoge brise la barre des 2 heures

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(Vienne) Le prodige Eliud Kipchoge est devenu le premier homme à passer sous la barre mythique des deux heures au marathon samedi lors d’une course non officielle à Vienne taillée sur mesure pour permettre l’exploit.

Bien aidé par une armée de 41 « lièvres » tout de noir vêtus jusqu’à 500 m de l’arrivée, le champion olympique kényan, en short noir et maillot blanc, a bouclé son parcours en 1 h 59 min 40 sec, soit quasiment deux minutes de moins que son record du monde (2 h 01 min 39 sec) établi dans des conditions homologuées à Berlin l’an dernier.  

About Marathon
The marathon is a long-distance race with an official distance of 42.195 kilometres (approximately 26 miles 385 yards), usually run as a road race. The event was instituted in commemoration of the fabled run of the Greek soldier Pheidippides, a messenger from the Battle of Marathon to Athens, who reported the victory. The marathon can be completed by running or with a run/walk strategy. There are also wheelchair divisions.
The marathon was one of the original modern Olympic events in 1896, though the distance did not become standardized until 1921. More than 800 marathons are held throughout the world each year, with the vast majority of competitors being recreational athletes, as larger marathons can have tens of thousands of participants.

Marathon : le Kényan Eliud Kipchoge brise la barre des 2 heures

About Kényan

Dans le centre de la capitale autrichienne, le coureur de 34 ans s’est élancé à 8 h 15 locales (2 h 15 HE), par une température fraîche, sur un circuit plat de 9,9 km, à parcourir un peu plus de 4 fois dans l’ancienne réserve de chasse du Prater.

« Marquer l’histoire, c’était mon but. Je suis un homme heureux. Il n’y a pas de limites humaines », a confié au micro des organisateurs le Kényan après son exploit, qu’il compare à « marcher sur la Lune » pour la première fois.

Marathon : le Kényan Eliud Kipchoge brise la barre des 2 heures

« Dès les premiers kilomètres, j’étais très à l’aise. Je me suis entraîné pour cela pendant quatre mois et demi, et j’avais gravé dans mon cœur et mon esprit que je courrais le marathon en moins de deux heures », a-t-il ajouté.

« Les records sont faits pour être battus, donc quelqu’un d’autre tentera de le faire, mais l’histoire a été écrite, c’est incroyable », l’a félicité son entraîneur Patrick Sang.

L’expérience a toutefois suscité quelques critiques, certains estimant qu’il s’agissait davantage d’un événement médiatique et commercial que d’un exploit sportif.

Le commanditaire de l’épreuve est le géant britannique de la pétrochimie Ineos dont le patron milliardaire, Jim Ratcliffe, a fait du sport son nouveau champ d’investissement. Seules les caméras de l’organisateur ont été autorisées à filmer la course, qui s’est déroulée sous les yeux de nombreux spectateurs parmi lesquels Chris Froome, le quadruple vainqueur du Tour de France et leader de l’équipe cycliste Ineos.

Pour mettre son champion dans les meilleures conditions, le commanditaire n’a rien laissé au hasard : trois mois et demi de préparation du tracé, un parcours asphalté pour ne présenter aucune imperfection, une piste testée à maintes reprises notamment grâce à des logiciels de simulation, un jour et un horaire choisis en fonction de conditions météo favorables (température, taux d’humidité, qualité de l’air) et même… la chute automnale des feuilles des arbres contrôlée de près.

« L’être humain n’a pas de limites »

En raison de ces conditions particulières, la performance ne sera pas homologuée par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

Pour gravir son Everest, Kipchoge a bénéficié de l’aide de 41 « sherpas » de très haut niveau, comme l’ancienne légende du fond Bernard Lagat, deux des frères Ingebritgsen qui règnent sur le demi-fond et le fond européen, ou encore le champion olympique du 1500 m, Matthew Centrowitz.

Tel un président courant son jogging entouré de gardes du corps, le longiligne Kényan (1,67 m, 52 kg) a ainsi bénéficié d’un tempo régulier autour de 2 min 50 sec au kilomètre assuré par ces lièvres qui se relayaient tous les 5 km. Et une voiture de tête donnait le tempo devant eux.  

Il y a deux ans, sur le circuit automobile de Monza (Italie), en mai 2017, le Kényan avait manqué pour 25 secondes de passer sous les deux heures, lors d’une première tentative similaire organisée par d’autres commanditaires.

Un des nombreux fans kényans présents à Vienne, William Magachi, 33 ans, s’est dit « chanceux » d’avoir vu ce « moment historique ». « C’est une source d’inspiration pour beaucoup de gens, je suis très fier. C’est un moment historique. Cela ne s’est jamais produit et pourrait ne jamais se reproduire de mon vivant. »

Au Kenya, dans la ville d’Eldoret (ouest) où la famille Kipchoge est installée, plus d’un millier de personnes ont assisté à son exploit retransmis sur un écran géant, a constaté un photographe de l’AFP. La foule a exulté, jetant en l’air casquettes et bouteilles d’eau.

Sa mère, elle, a regardé son fils entrer dans l’histoire dans sa maison d’un village proche de Babsabet (ouest).  

« Je suis heureuse aujourd’hui, car il a réussi… Je le remercie tellement d’avoir fait ça, pour moi, pour le Kenya et pour le monde », a-t-elle déclaré à un correspondant de l’AFP.  

Le Kényan est l’un des plus grands coureurs de tous les temps, révélé au public lors de sa victoire sur 5000 m des Mondiaux de Paris en 2003. Vainqueur du marathon des JO de Rio (2016), Eliud Kipchoge est quasiment invaincu sur cette distance depuis 2013. Cette fois, il disait vouloir « courir pour l’histoire ». Il y est définitivement entré ce samedi.